Histoire

Depuis fort longtemps, la campagne monteneuvienne est choisie comme lieu d’implantation à travers de nombreuses générations que forment nos ancêtres.

L’Histoire commence grâce à des premières traces, et non des moins discrètes, qui attestent de l’installation précoce de tribus commençant à se sédentariser sur Monteneuf. En effet, entre 6500 et 4000 av. J.-C., ces tribus levèrent de terre plus de 400 menhirs sur le versant sud de la butte de la Voltais. La fonction des ces alignements nous est inconnue puisque les pierres sont les seuls vestiges de ces populations. Le site mégalithique n’est pas l’unique lieu d’implantation mégalithique car d’autres menhirs parsèment aussi notre campagne. Cependant, les menhirs ne sont pas les seules traces qui nous sont parvenues du néolithique. De nombreuses allées couvertes, c’est-à-dire des lieux de sépultures, ont été retrouvés sur notre territoire. Certaines remarquables et bien conservées comme celle de la Loge Morinais mais aussi d’autres beaucoup plus abîmées par des fouilles sauvages, ce qui est le cas à la Pièce Couverte. Ces peuples prouvent qu’ils sont déjà bien avancés puisque comme le dit l’adage, les rituels funéraires sont un des fondements du passage à la civilisation.

Avançons à l’Age de fer, c’est-à-dire entre 500 et 332 av. J.-C., lorsque la technique de l’utilisation du fer se généralise. Monteneuf constitue la frontière Sud du Royaume Coriosolites, riche et puissante tribu armoricaine qui s’étend de la baie de la Rance jusqu’à la baie de la Vilaine. Notre commune voit s’implanter au moins deux sites fortifiés qui nous sont parvenus et qui illustrent une certaine continuité dans l’implantation démographique sur notre territoire mais aussi du climat de tension qui a pu régner. D’abord, un éperon barré situé au nord-est des actuels contours de notre commune. Un éperon barré est un lieu d’habitat fortifié qui se sert du lieu naturel pour se défendre. Mais, le second est beaucoup plus important en taille. Aujourd’hui nommé le Camp des Portes, il est situé au sud de la commune et se présente sous forme quadrangulaire dont il ne demeure que les bases de la fortification et de grands talus en son centre. Sa situation intéressante lui permet d’être occupé jusqu’à la période gallo-romaine.

Ainsi, durant la période gallo-romaine, l’envahisseur romain réutilise les sites existants en les réaménageant. Marquée par la nouvelle domination de l’Empire romain sur quasiment toute l’Europe, ce dernier importe sa culture mais l’assimile avec celle des peuples conquis. Le Camp des Portes en est l’illustration. En effet, au carrefour d’importantes voies romaines, les romains continuent d’utiliser le camp en le réaménageant et en affirmant son influence en témoigne des habitations et des thermes qui se situent au nord du camp. Près de celui-ci passe la Voie d’Ahès qui relie Angers à Carhaix pour le déplacement des troupes.

De plus, d’autres voies romaines sont retrouvées sur Monteneuf notamment une qui met en relation le Camp des Portes avec un haut lieu administrative du pouvoir romain à ce moment qu’est aujourd’hui le village de St Etienne où de nombreuses villae ont été retrouvées dans ce village limitrophe de Monteneuf. Mais surtout, l’utilisation de la poterie et de la tuile est un élément caractéristique de cette période et qui constitue aujourd’hui les principales découvertes qui nous permettent de situer des lieux d’occupation. De nombreux lieux d’occupation par ce biais nous permettent de dire que le territoire de Monteneuf est très actif durant la période gallo-romaine.

Avec la chute de l’Empire romain d’Occident en 476 et l’installation progressive de nouveaux peuples barbares, peu de sources nous permettent d’établir une historicité précise de la commune au Haut Moyen Age. Au niveau de la Bretagne, des populations venant de l’actuelle Angleterre se mélange avec les Celtes locaux tout en les évangélisant par le biais de moines souvent Irlandais qui fondent de nombreuses communautés.

Grâce à la toponymie de ces communautés et par la suite de lieux d’habitations, nous pouvons dater l’installation et donc la création de ces nouveaux lieux d’établissement qui demeurant encore aujourd’hui d’une forme ou d’une autre. Concernant donc ce Haut Moyen Age, un seul établissement humain peut être nommé. Il faut attendre le Moyen Age Central pour que notre commune connaisse une importante expansion démographique qui s’inscrit dans le même essor que la Bretagne. En effet, plusieurs villages portent des toponymes distinctifs du XI-XIIIe siècle. Tout d’abord, le suffixe en –ière, spécifique au début de la période se retrouve avec les villages de la Boissière-Boquidé et la Boissière-Cado, boissière qui signifie à ce moment là le lieu couvert de buis, et le suffixe en –ais, qui est lui plus tardif, est observable dans le nom des villages de la Tremblais et de la Corbinais.

Mais surtout, ce qui montre l’explosion démographique sur Monteneuf est le terme La Ville suivi d’un nom propre ou commun. Nous comptons 10 villages sous cette toponymie. Cette indication peut donc nous aider à dater la chapelle de la Ville Marquée puisqu’il est inscrit sur son linteau la date de 1569 mais celle-ci daterait en réalité sa rénovation et non sa construction qui se placerait vraisemblablement au même moment que la création du village. En plus de la toponymie, l’histoire régionale nous apprend qu’après la réforme grégorienne, les autorités ecclésiastiques rentrent dans une logique de sacralisation du territoire par le biais de cimetières mais aussi par les croix dans les campagnes. Tous les calvaires que nous pouvons voir aujourd’hui ne datent pas du XIIIe siècle mais une grande partie proviennent de cette période dont ceux en pierre de schiste qui panachent notre campagne.

De plus, après les raids vikings, le pouvoir ducal souhaite relancer les monastères bénédictins au XIe siècle. Ceux-ci se redéveloppent au point de créer des annexes en campagnes pour encadrer la foi des fidèles, c’est ce qu’on appelle des prieurés. Au sud de Monteneuf, des moines issus du monastère fondé par le moine irlandais, St Méen, y fondent un prieuré. De plus, on observe que des habitations se construisent à proximité de ces prieurés. Ainsi, le village de St Méen est fondé. Néanmoins, ce n’est pas le seul prieuré puisque l’abbaye de Saint-Melaine de Rennes, dans une période où la dévotion à St Michel est particulièrement importante, fonde un prieuré sur une petite butte qui n’est autre que notre bourg actuel et en son centre l’église sous le nom de Saint-Michel-des-Moustiers. La création de ce prieuré nous est connue par une bulle de confirmation de Donoal, évêque de St Malo, en 1122. Ainsi, le bourg de Monteneuf est né, tout comme son nom puisqu’il vient du terme Moustier neuf, à comprendre le monastère neuf comparé aux premiers monastères fondés entre le VIIe et le IXe siècle. Le prieuré est rattaché à la paroisse de Guer qui dépend du diocèse de St Malo.

Enfin, pour le Bas Moyen Age, le territoire de Monteneuf voit s’implanter ses premières familles nobles. En effet, la première extraction observée est celle située à la Voltais en 1453. Les écrits remontent la généalogie à la famille Robelet qui fait construire le premier château en 1480. De plus, non loin de là, à Pébusson, une sorte de forteresse pour abriter les paysans est construite au XV-XVIe siècle et les bâtiments qui l’environnent tendent à penser qu’il y avait une implantation aristocratique à cet endroit. Les habitants de Monteneuf vivent essentiellement de l’agriculture du fait des étendues qui s’offrent de chaque côté de la butte de la Voltais. D’anciennes fermes prouvent un certain essor avec la Ville Morin ou la Ville Daniel qui voit sortir de terres de véritables manoirs. Mais, cela n’est pas le cas partout car Monteneuf est largement couvert par la lande du fait d’une terre très pauvre. Le bétail a sans doute eu une importance dans la vie économique de notre territoire.

Nous ne savons pas si Monteneuf ait été touché durement par les épidémies de peste mais nul doute qu’elle ne fut pas épargnée comme le reste de l’Europe.

Passons à l’époque moderne. Le début de cette période est marqué en France par une succession de 8 guerres de religion entre catholiques et protestants pour la dispute du pouvoir. Ainsi, d’un côté la Ligue catholique qui se refuse de voir un roi protestant sur le trône et qui trouve le roi Henri III trop laxiste envers les protestants. Ces derniers poussent de leur côté afin d’arriver au pouvoir.

En Bretagne, la Ligue va se rebeller contre Henri III pour son laxisme et ce dernier envoi ses troupes pour calmer les ardeurs. Des affrontements entre d’un côté la Ligue et de l’autre côté les Royalistes vont avoir lieu surtout en pays de Trégor. Selon les dires, le territoire de Monteneuf a été témoin de ces affrontements. En effet, la croix du Houssas vers Bécihan et la croix des Ponts Gauthier à la Grée Basse commémoreraient des batailles de la Ligue. Rien ne dit si cela ne concernait des affrontements Ligue/Royalistes ou Ligue/Protestants directement. Toujours est-il qu’à la Grée Basse, la construction de la chapelle Saint-Martin date des mêmes années que les affrontements, y aurait-il un lien ?

Néanmoins, Monteneuf grandit économiquement au point de pouvoir s’ériger sa première église à la place du prieuré d’origine. Ainsi, après la bénédiction de la cloche Jeanne en 1683, le conseil vote la construction d’abord de la tour de clocher puis du clocher et de l’église en 1773.

Cette dernière est placée sous le vocable toujours de saint Michel mais aussi de saint Nicodème dont un grand pèlerinage a lieu le 2ème dimanche d’août qui voit Monteneuf se remplir de nombreux pèlerins d’alentour pour lui confier leur personne et leurs biens à travers ses reliques. Concernant la Voltais, le château est passé entre les mains de la famille Porcaro, Lauzanne et, en 1721, la famille Le Provost devient propriétaire et entame une large rénovation du château jusqu’en 1737. Dans le même temps, nous pouvons dire que le premier château de la Grée de Callac est construit dans cette période puisqu’il existe déjà lors de la Révolution.

Nous arrivons donc à la Révolution de 1789. En 1790, Monteneuf est érigée en commune du canton de Guer mais, les habitants de Monteneuf vont plus se révolter contre les révolutionnaires que contre le Roi. En effet, plusieurs affrontements entre Chouans et Bleus auront lieu sur le territoire monteneuviens comme par exemple à Corio où un violent combat à lieu et, entendant des fusillades, les gens d’alentour portèrent secours aux chouans poussant les Patriotes à se retirer.

Des paysans d’Augan tentèrent aussi de faire brûler les papiers de noblesse des deux familles nobles de Monteneuf mais cela n’est pas sans compter sur la ruse de ces derniers. De plus, les habitants, attachés à leurs familles nobles, signèrent même une pétition lorsque le comte de la Voltais fut emprisonné afin de le libérer et celui-ci reviendra dans son château en 1806.

Enfin, la trêve de Monteneuf voit tous ces prêtres devenir réfractaires. En effet, le clergé français, pour être conforme à la loi, doit prêter serment sur la Constitution civile du clergé. Cependant, cela les coupe de l’autorité pontificale, ce qui est contraire à leur foi. Ainsi, l’abbé Pierre Foulon refuse de prêter serment et doit se cacher. Son auxiliaire, l’abbé Pierre HERVE doit lui aussi se cacher mais il est arrêté et transporté à Port-Louis. Déporté avec beaucoup d’autres prêtres réfractaires sur les pontons de Rochefort, il meurt dans des conditions abominables le 25 août 1794. Enfin, l’abbé BERTRAND, dont on ne sait de quelle paroisse il dépendait, se cachait au château de la Voltais. Il est fusillé en portant le saint Viatique sur la route de Monteneuf-Porcaro, une croix portant son nom symbolise le lieu. Tout cela poussa les habitants de Monteneuf à se rebeller encore plus mais les Patriotes, forts de leurs armes, finissent par éteindre toutes les flammes de revendications.

Malgré tout, la trêve est quand même érigée au titre de paroisse en 1802 et intégrée au diocèse de Vannes.

Nous arrivons donc à l’époque contemporaine. Monteneuf continue de grandir en taille et économiquement. Notre commune atteindra les 1 303 habitants, comptera 9 commerçants et 23 artisans. En 1840, l’église est reconstruite et son clocher est remplacé en 1855. Monteneuf voit s’installer les religieuses de Saint-Jacut-les-Pins qui fondent la première école pour filles dans l’ancien presbytère à la Tremblais en 1861 à la demande de l’abbé LELIEVRE dans des conditions plus que précaires. Grâce à différents legs, une nouvelle école est fondée pour les filles face à l’étang de la Noé en 1871.

L’école des garçons est quant à elle tenue par le Frères de la Mennais là où se trouve l’actuel Mairie. Mais, avec la républicanisation de la société, le préfet pousse pour que ces écoles soient dissoutes au profit d’écoles laïques. Les habitants de Monteneuf, attachés à leurs religieux et religieuses s’efforcent de maintenir tout en place. L’école des garçons est la première à sauter en 1885 pour devenir la mairie mais, ils devront attendre 1937 pour retrouver une école chrétienne là où se trouve aujourd’hui le Centre les Landes. Pour les filles, le sous-préfet vient en personne chasser les Sœurs en 1903 contre l’avis du Conseil municipal. Leur bâtiment devient l’Ecole laïque.

Obstinés, les habitants feront construire une nouvelle école pour les filles un an après, et l’école demeure encore là de nos jours. Enfin, en 1901, avec la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, tous les biens de l’Eglise, comme en 1789, sont confisqués pour devenir des biens nationaux. A l’échelle de Monteneuf, les habitants, voyant l’iniquité de l’affaire, bloquent l’entrée de l’église aux soldats et des ruches sont même installées autour de cette dernière. Cela n’empêchera pas à l’Etat de récupérer tous les biens de l’Eglise. Malheureusement le temps des guerres arrive et son flot de morts avec. Monteneuf est d’abord durement touché en soldats morts durant la première guerre mondiale. Ensuite, lors de la Seconde Guerre mondiale, notre commune se distingue avec de nombreux actes de résistances héroïques mais elle ne sera pas non plus épargnée. Le fait le plus marquant est le combat de la Grée de Callac. En 1944, André CARELLE, résistant convaincu couvert par la comtesse du BOT, est garde à la Porterie. Il y accueille des parachutistes mais les Allemands, ayant découvert la cachette, brûlent la Porterie poussant un parachutiste et M. CARELLE à combattre puis à s’enfuir, aidés par des habitants de Monteneuf. Les Allemands arrivent néanmoins à les capturer. Le parachutiste et les résistants seront fusillés sur place.

Des représailles violentes eurent lieu sur Monteneuf de la part des Allemands et certains seront fusillés. A la fin de la guerre, Monteneuf est décimée mais trouve les ressources pour rénover l’église et le clocher surnommé « le penché » en 1947. De ce clocher, duquel les habitants étaient très attachés, nous pouvons citer ici une jeune paroissienne qui en 1947 écrivit : « Ainsi pauvre clocher, tes jours sont comptés, les travaux sont commencés et seule la main de l’Homme aura raison de toi. C’est avec regret que les enfants de Monteneuf vont te voir disparaître. Mais, en te disant adieu, une vague d’espérance monte en eux. C’est l’espoir de voir au pied d’un clocher restauré une magnifique église un peu plus digne d’une paroisse aussi catholique que l’est celle de Monteneuf ».

En 1956, le cimetière devenu trop petit autour de l’église. Il est donc décidé qu’il soit déplacé sur la route de Guer et un monument faisant mémoire des morts des guerres mondiales est érigé en lieu et place de cet ancien cimetière. En 1994, Monteneuf intègre la nouvelle communauté de commune de Guer. La commune aura beaucoup de mal à se relever des suites des deux guerres mondiales mais elle va essayer de se relancer grâce au tourisme. En effet, après les incendies de 1976, des menhirs sont découverts près de la route Monteneuf-Guer et Joseph ORHAN, maire de l’époque, lance des fouilles entre 1989 et 1996 réalisées par Yannick LECERF qui mettent en évidence l’important site mégalithique longtemps perdu.

Certains menhirs seront relevés mais pas tous. Une association se met en place pour valoriser le site puis une autre prend la main pour s’occuper du site, du centre les Landes et de la réserve naturelle qui sera classée Espace Remarquable de Bretagne en 2013.

Ceci est un petit résumé de l’Histoire de Monteneuf mais celle-ci ne s’arrête pas là et à nous de continuer à l’écrire …

Sources : Barrat.xyz ; Infobretagne.com ; recherches de Messieurs BARBIER et ORHAN ; écrits de Mesdames LE PROVOST DE LA VOLTAIS et GRIMAUD ; Bulletins municipaux